Transmarocaine 2019 : Le compte-rendu du Team Endorphinmag

 

Jour-1

 

Voilà toutes les équipes sont arrivées à Foum Zguid, un petit village situé aux portes du désert. L'hotel est magique, piscine avec  vue sur le massif.... Pendant que tout le monde se relaxe tranquillement au bord de la piscine, le début de la tragédie arrive pour  moi. Je m'aperçois qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, quand à la place d'une « bronzette time » je suis allongée au lit, chose extrêmement bizarre pur moi.

Heure 2pm, SOS, mayday, j'appelle Aurelie comme je peux,  heureusement elle m'entend, mais l'effet est déjà accompli : le début d'une gastro est là... Je passe les anecdotes... Je vais voir de suite le médecin : spasfon, vogalène... On est 2 coureurs à être dans le même état a quelques minutes près, et d'ailleurs on était à la même table au petit dej : on pense à un jus de fruit dilué avec de l'eau du robinet.

Dans l'après-midi on fait les vérif matos, je déambule d'un stand et l'autre, Aurelie est là et elle gère tout, top !

Briefing et présentation des équipes dans la soirée et on reçoit les 1eres cartes VTT, Aurelie analyse ça avec Julien (Arverne Outdoor), ça a l'air d'aller...

La nuit se passe assez mal pour moi, entre les toilettes et le lit à  22h, puis minuit, puis 4h puis 6h.... Enfin le levée du jour...

 

J1 VTT O 25km  - CO 8.4km - VTT O 25km (544m D+/743m D-)

 

Départ tous ensemble en bulle pour 10km, pendant lequel  on passe rendre visite à l'école du village de LAMHAMID pour offrir aux enfants le matériel récolté (merci encore à toutes les personnes qui ont contribué à ça). La visite est rapide, peut-être trop, mais les enfants ont un sourire énorme et alors ça suffit. On laisse toutes les affaires (vêtements, matériel de sport et fournitures scolaire) dans la cour de l'école, la maitresse s'occupera de la distribution par la suite.  

 

Transmarocaine2019

 

Le début des hostilités commence à 9h45 départ officiel de la course, on part à fond histoire d'étirer un peu le peloton sur ces pistes sablonneuses, on garde un bon rythme mais à 10km de la fin de section, je n'ai plus rien, je vois Aurelie et Arverne s'éloigner devant... help ! Je serre les dents comme je peux, Aurelie m'aide et on arrive à la CO.

Une CO  magnifique, au milieu de rien, la « death valley » marocaine, un régal pour les yeux, 36 dégrés mais j'ai quand même les frissons et la chair de poule... Je pense juste à mettre un pied devant l'autre, Aurelie gère le reste, elle oriente et poinçonne, on a les filles pas loin derrière, il faut serrer les dents.

On repart de la transitons 2eme, il y a juste Arverne devant, mais le groupe du Triathlon Nancy n'est pas loin derrière et il revient sur nous dans le VTT. Un moment d'hésitation, on se laisse influencer et bim on arrive à la balise 3 sans être passé sur la balise 2... pas la peine de faire un demi-tour de 40min pour 30min de pénalité... dans ma tête je prie Aurelie de ne pas s'arrêter pour vérifier l'orientation car je suis à la limite d'un malaise et le ciel est très étoilé pour moi... Au même moment Arverne arrive sur la balise 3 avec un petit jardinage de liaison... et on finit plus ou moins tous ensemble.

Il est 14h30, le camp base est magique comme d'habitude, au milieu du désert, on retrouve enfin de l'ombre  et on peut même apercevoir la frontière Algérienne. Tout le monde se relaxe et socialise, ça fait du bien de couper de la réalité et des réseaux sociaux.

Nombreuses pauses aux toilettes avec sauna inclus (eh oui au milieu du désert il fait très chauddddd), je suis vidée, je vais voir le médecin : vogalène, 3 imodium et smecta... il faut vraiment que je me force à manger, car ça fait 48 heures que je suis à jeun et il reste 2 jours de course, sans compter que le classement est tombé, on est 3eme au général, devant nous Arverne à 30min et l'équipe des filles Les Cata Sharks à 13min.

Le repas du soir est servi, on se retrouve à table avec des marocains qui nous dévoilent un remède naturel contre le mal d'estomac : et c'est là que le cumin devient mon meilleur amis de la soirée. 2 cuillères de cumin avec un verre d'eau et le mal d'estomac devrait passer. Je suis prête à tout tester pour reprendre de l'énergie et alors c'est parti même pour 3 cuillères et j'amène ce qui reste dans la tente pour le petit dej du lendemain matin...

Petit anecdote : si vous avez de la fièvre, faites tremper une chaussette dans du vinaigre blanc et les mettre aux pieds et la fièvre devrait tomber.

 

transmarocaine2019

 

J2  Run & Bike 10.4km  - CO 7.8km (+/- 425m D) - Run & Bike 7.8km- VTT de nuit 14km

 

Je pars à pied sur un bon petit segment, 2km en 13.8km/h de moyenne dans le sable, pas trop mal, la forme semble être la (enfin !) ensuite on alternera bien avec Aurelie et on partira en tête sur la CO. Tout se déroule bien, on enchaine les balises, on passe par la 3 à l'aller et au retour pour monter et descendre par la corde installée par l'organisation. On a l'impression d'être sur le toit du monde et on se régale. 1h15 et la CO est toute bouclée. On repart sur le dernier R&B, loin devant il y a une équipe marocaine qui court vraiment trop vite pour nous, on la suit de loin et on arrive 2eme. Heureuses même si la suite de l'après-midi  se déroule quand même aux toilettes pour moi... J'avais chanté victoire trop tôt.

Quelques cuillères de cumin et un imodium plus tard nous voici sur la ligne de départ du VTT de nuit. L'indication de l'orga est de suivre les lumières mise en place, Aurelie a ses cuissot bouillants, elle envoie du gros braquet  (le moulinage, non ca elle n'aime pas), je mange le sable de sa roue et on termine au sprint avec une équipe de triathlète de Nancy.

 

 J3 Trail O 27km - VTT O 31km (605m D+/385m D-)

 

Dernier jour de course de cette Transmarocaine, mais on ne peut pas dire la plus facile car les distances sont annoncées assez longues. Les cartes sont données la veille lors du briefing et normalement une fois trouvées les balise 1, 2 et 3 sur un terrain assez plat, on devrait remonter le oued puis le canyon assez facilement et enchainer les balises 4 et 5 puis le PC de transition. Avec Arverne on choisit la stratégie « on part doucement » car les balises 1 et 2 sont un peu touchy et sans point de repère, donc on laisse ouvrir les marocains qui courent vite et puis une fois trouvée la balise 3 on peut « « accélérer » pour finir le trail. Voilà le plan qui semble bon mais.... la réalité a été assez différente.

On part doucement comme prévu, on enchaine la 1, 2 et 3 comme prévu et puis on reste dans le oued (un cimetière de cailloux, suivi par des cailloux et encore des cailloux et des cailloux jusqu'à l'horizon) pour chercher l'entrée du canyon... et en fait on ne cherchait pas la bonne chose sur le terrain et on n'a pas regardé le cap et... +5km au compteur, et environs 50min de perdu, sans compter qu'une fois trouvée cette balise l'organisation nous annonce qu'on est à 40min de la tête de course.

Bref le moral sous les pieds, plein de calculs dans la tête, on ne sait pas combien d'avance on avait sur les filles les Cata Sharks qui eux par contre avaient pointé la balise 4 en 1eres : le podium général et fille est en grave danger.  Aurelie veut mettre les watts pour tout remonter, mes jambes sont bien là mais mon estomac commence à m'envoyer des mauvais signes, par moments trottiner devient difficile, le mode survie est sur « on », un pied devant l'autre, caillou après caillou, 3 arrêts obligatoires s'imposent, voilà comment faire du balisage naturel et sauvage, désolé les paillettes et les roses ne sont pas au rdv.

Aurelie sort sa super trousse à pharmacie pour me donner 2 imodium mais nous sommes toutes les deux sans eau depuis quelques kms. On était partie avec 2 litres d'eau, mais évidemment pas suffisant pour faire 27km (ou plus) dans le désert. Alors comment avaler ces 2 comprimés ? Pourtant j'essaie mais ils sont toujours là, sur ma langue sèche. Aurelie me dit : « tient : » et elle me file le sérum physiologique pour les yeux, je n'hésite pas un seul moment, je prends la pipette comme si c'était un gel, ça passe nickel, même un peu salé, donc je me dis top pour la déshydrations. ( 3 heures plus tard je découvrais que c'était du dacryoserum avec de l'acide borique  et du borax. Merci ma coéquipière! )

On arrive finalement à la zone de transition, Arverne était là aussi, on avait plus que 10min de la tête de course, mais il y avait qui en tête ?!  

30km de VTT descente (perso on trouvait que ça montait !), Aurelie est dans la carte, tout droit au milieu des champs de pastèques, on lâche rien, la forme semble revenir, on mets les gros braquets, on remonte au fur et à mesure les équipes, les polonais, puis Arverne et les marocains ( eh oui le VTT n'est pas encore leur point fort, comparé à la course à pied ), on enchaine les balises pour finir sur 5km de VTT balisé au milieu des villages entre les enfants et les femmes qui t'encouragent. C'est magique les petits singles entre les maisons et les palmiers. Et surprise, on passe la ligne d'arrivée 1eres !!!  LA REMONTADA des filles !!!

 

Mille merci à EndorphinMag de nous avoir fait vivre ce raid inoubliable et atypique dans le désert marocain !

 

transmarocaine2019

 

Merci à ma partenaire Chiara de m'avoir proposé cette aventure.Certainement la seule fois de ma vie que j'aurais l'occasion de vivre 3 jours dans le désert comme de vrais berbères au milieu de paysages magnifiques avec une mention spéciale pour les deux somptueuses CO. Nous avons fait de super rencontres notamment Julie et Julien d'Arverne avec qui nous étions sur la même longueur d'onde ; et tout un tas d'autres personnes d'une extrême gentillesse. De mon côté j'arrivais sur ce raid avec la crainte de ne pas être à la hauteur pour suivre Chiara car ce raid arrive assez tôt dans la saison et les réserves hivernale sont encore bien en place 😜. Par chance, la forme de guerrière était présente, je l'ai donc mise à disposition de Chiara pour pouvoir progresser ensemble jusqu'à la ligne d'arrivée finale. Même si cela fait plusieurs raids que nous faisons ensemble j'ai encore découvert une autre ressource de Chiara ; celle de se battre contre elle même et ne rien lâcher même si son corps ne veut plus avancer. Au final, aucun regret, on fait une bonne course et décrochons la 2 ème place au scratch....à quand la prochaine????😁



Endorphinmag

Chiara et Aurelie, Mars 2019.


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